Fédération Cynologique Internationale - Hip dysplasia classification Copenhagen 2022
This classification has been made up on account of the radiological features only and is as objective as possible. Minor variances from the criteria listed in the definitions of the hip dysplasia (HD) grades are possible as anatomic variation can occur between and within breeds.
GRADE A
The femoral head is well centred in the acetabulum and the joint space is narrow and even. The subchondral bone of the femoral head and the cranial acetabular margin are parallel or almost parallel, with the exception of the fovea capitis.
The subchondral bone plate of the cranial acetabular margin is a fine line of even thickness; in excellent hip joints the subchondral bone can end before the craniolateral rim.
The craniolateral rim should be well defined and rounded, parallel to the femoral head; in excellent hips the craniolateral rim encircles the femoral head in caudolateral direction.
The centre of the femoral head is medial to the dorsal margin of the acetabulum. The Norberg angle is about 105° (as a reference).
No signs of osteoarthritic changes are present.
GRADE B
The femoral head is centred in the acetabulum and the joint space is narrow, however the subchondral bone of the femoral head and the cranial acetabular margin can be diverging i.e., not parallel.
The subchondral bone plate of the cranial acetabular margin is a fine line with even thickness.
At the lateral part, the craniolateral rim is horizontal, i.e., after its maximum in a straight line in the transverse
plane.
The centre of the femoral head is medial or superimposed to the dorsal margin of the acetabulum. The Norberg angle is as least 100° (as a reference).
No signs of osteoarthritic changes are present.
GRADE C
The femoral head is not centred well in the acetabulum and the subchondral bone of the femoral head and cranial acetabular margin are diverging i.e., not parallel.
The subchondral bone plate of the cranial acetabular margin can be slightly thickened laterally and/or slightly reduced medially.
The craniolateral rim can be slightly flattened, i.e., the craniolateral margin diverges from the femoral head in a craniolateral direction.
The centre of the femoral head is superimposed or lateral to the dorsal margin of the acetabulum. Subluxation of the femoral head, lateral or caudal, can be present.
The Norberg angle is about 100° (as a reference).
Signs of osteoarthritic changes can be present.
GRADE D
The femoral head is not centred well in the acetabulum and the subchondral bone of the femoral head and the cranial acetabular margin are obviously diverging.
The subchondral bone plate of the cranial acetabular margin is moderately thickened laterally and/or moderately reduced medially
The craniolateral rim is markedly flattened i.e., the craniolateral margin leaves the femoral head in a craniolateral direction.
The centre of the femoral head is lateral to the dorsal margin of the acetabulum. Subluxation of the femoral head, lateral or caudal, can be present.
The Norberg angle is more than 90° (as a reference).
Signs of osteoarthritic changes can be present.
GRADE E
Marked dysplastic changes of the hip joint. Remodelling and deformation of the acetabulum and/or the femoral head may be present.
The subchondral bone of the femoral head and the subchondral bone plate of the cranial acetabular margin are obviously diverging with obvious flattening.
The cranial acetabular margin is markedly thickened laterally blending with the craniolateral rim. Thickening of the cranial acetabular margin can be absent in luxated hip joints.
The craniolateral rim is markedly flattened i.e., the craniolateral margin leaves the femoral head in a craniolateral direction. The craniolateral rim may be absent.
The centre of the femoral head is lateral to the dorsal margin of the acetabulum. Luxation or subluxation of the femoral head.
The Norberg angle is less than 90° (as a reference).
Signs of osteoarthritic changes can be present.
FCI Hip Dysplasia Conference, Copenhagen 2022
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Sébastien MIRKOVIC
Dépistage des dysplasie et des cardiopathies
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Stade A : Hanches indemnes de dysplasie.
Tous les critères morphologiques doivent être favorables pour attribuer cette cotation.
La tête fémorale est bien centrée dans l’acétabulum.
L’interligne articulaire est fin et régulier. (NB - explication : cela traduit une hanche stable).
Les contours sous-chondraux de la tête fémorale et du rebord acétabulaire crânial sont parallèles ou quasi parallèles, à l’exception de la fovea capitis, qui constitue une variation anatomique normale.
La couverture dorsale recouvre plus de 50 % de la tête fémorale.
Le centre de la tête fémorale est situé médialement au rebord acétabulaire dorsal.
Si le centre est seulement superposé au RAD, la hanche ne peut plus être classée stade A.
Il s’agit d’une différence majeure introduite par la grille de Copenhague 2022.
Le rebord acétabulaire crânial apparaît comme une ligne sous-chondrale fine et régulière.
Le RAC est bien dessiné, parallèle, enserrant ou horizontal, sans divergence, sans arrondi ni évasement.
Il est généralement d'environ 105°, à titre de valeur de référence, et n’est jamais interprété isolément.
(NB il peut être supérieur à 105° bien sûr).
Il n’existe aucun signe de remodelage osseux ni de modification arthrosique.
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Stade B : Hanches sensiblement normales.
Cela signifie que la hanche présente une morphologie proche de la normale,
mais qu’elle ne remplit pas l’ensemble des critères requis pour une cotation A.
la tête fémorale reste bien centrée dans la cavité acétabulaire, et l’interligne articulaire est étroit et régulier.
(NB - interprétation : Il n’y a donc pas de signe de laxité manifeste sur le plan radiographique.)
Les contours de la tête fémorale et de l’acétabulum peuvent ne plus être strictement parallèles,
notamment au niveau du rebord acétabulaire crânial (NB : cette divergence légère est compatible avec une cotation B.)
Elle est environ égale à 50 %.
(NB : il s'agit de la limite inférieure admise pour le stade B.)
(NB - interprétation fonctionnelle : on est à la limite inférieure de ce qui est acceptable pour une hanche encore non dysplasique, mais la tête fémorale reste suffisamment recouverte pour assurer une stabilité correcte.)
Le centre de la tête fémorale peut être médial ou simplement superposé au rebord acétabulaire dorsal.
(NB - explication : dès que le CTF est superposé au RAD, la hanche ne peut plus être classée stade A,
mais cela reste compatible avec un stade B.)
Le RAC est globalement bien dessiné ; il peut être :
- parallèle ou légèrement divergent,
- horizontal ou discrètement modifié,
mais sans évasement significatif.
Il est généralement supérieur ou égal à 100° (à titre de valeur de référence),
et il n’est jamais interprété isolément (NB comme toujours).
Il ne doit exister aucun signe d’arthrose ni de remodelage osseux.
(NB : la présence d’arthrose est donc incompatible avec le stade A et le stade B.)
NB (interprétation hors cadre strict de la grille de cotation) :
En résumé, le stade B correspond à une hanche globalement saine et fonctionnelle,
avec de légères variations anatomiques,
sans signes radiographiques d'instabilité ni de dégénérescence articulaire,
et qui reste acceptable dans de nombreux programmes de sélection (selon les clubs de race),
tout en étant clairement distincte d’un stade A strict.
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Stade C : Dysplasie légère.
La coaptation est imparfaite.
La tête fémorale n’est plus correctement centrée dans la cavité acétabulaire.
Une subluxation peut être présente, le plus souvent discrète, mais objectivable
(NB – clarification terminologique : dans certains comptes rendus de clubs, cette situation peut être décrite comme un « pincement de l’interligne ». Il s’agit alors d’un terme descriptif traduisant une perte de parallélisme et une coaptation imparfaite, et non d’un signe d’arthrose au sens de la grille FCI.)
La congruence est imparfaite : les contours de la tête fémorale et de l’acétabulum ne sont plus parallèles, la surface de la tête fémorale s’adapte imparfaitement à la forme de la cavité acétabulaire.
La couverture dorsale est insuffisante (< 50 %).
La tête fémorale n’est plus suffisamment recouverte par le toit acétabulaire.
Le CTF est superposé ou déjà latéral par rapport au RAD.
Le RAC n’est plus parallèle : il devient divergent et peut être légèrement aplati ou arrondi, sans présenter d'évasement marqué à ce stade.
Il est généralement d'environ 100° , à titre de valeur de référence, et n’est jamais interprété isolément (NB comme toujours).
Selon les cas, des signes d’arthrose peuvent déjà être visibles, mais ils peuvent aussi être absents à ce stade.
(NB - interprétation pédagogique (hors cadre strict de la grille) :
Il y a des points clés de bascule vers le stade C :
Ce qui fait basculer une hanche en stade C, même si plusieurs autres critères restent encore proches du stade B, est:
- une couverture dorsale insuffisante, associée à un centre de la tête fémorale superposé ou latéral au rebord acétabulaire dorsal.
ou
- l’apparition de signes de remodelage articulaire, même discrets (densification de la plaque osseuse sous-chondrale, ostéophytes débutants, modification de la tête ou du col fémoral).
Autrement dit, on ne peut plus rester en stade B dès lors que :
• la tête fémorale n’est plus suffisamment recouverte par le toit acétabulaire avec le CTF latéral par rapport au RAD,
ou
• que des signes de dégénérescence articulaire apparaissent.
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Stade D : Dysplasie moyenne
La coaptation est mauvaise.
La tête fémorale n’est plus correctement centrée dans la cavité acétabulaire.
Une subluxation nette de la tête fémorale, latérale et/ou caudale, est présente.
La congruence est mauvaise.
Les contours sous-chondraux de la tête fémorale et du rebord acétabulaire crânial sont nettement divergents.
La couverture dorsale est insuffisante, nettement inférieure à 50 %.
(NB - explication : La tête fémorale est insuffisamment recouverte par le toit acétabulaire.)
Le centre de la tête fémorale est latéral par rapport au rebord acétabulaire dorsal.
Le rebord acétabulaire crânial est nettement divergent.
Il présente un aplatissement marqué, avec un aspect évasé.
Des signes de remodelage du rebord acétabulaire peuvent être présents.
Il est généralement supérieur à 90° et inférieur à 100°, à titre de valeur de référence,
( NB : il n’est jamais interprété isolément.)
Des signes d’arthrose et de remodelage articulaire peuvent être présents.
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Stade E : Dysplasie sévère
La coaptation est très mauvaise.
La tête fémorale n’est plus centrée dans la cavité acétabulaire.
Une luxation ou une subluxation de la tête fémorale est présente.
La congruence est très mauvaise.
Les contours sous-chondraux de la tête fémorale et la plaque sous-chondrale du rebord acétabulaire crânial sont nettement divergents, avec un aplatissement évident.
Une déformation de la tête fémorale et/ou de l’acétabulum peut être présente.
La couverture dorsale est très insuffisante.
La tête fémorale est très insuffisamment recouverte par le toit acétabulaire.
Le centre de la tête fémorale est latéral par rapport au rebord acétabulaire dorsal.
Le rebord acétabulaire crânial est nettement remanié.
Il est nettement épaissi latéralement, pouvant se confondre avec le rebord crânio-latéral.
Cet épaississement peut être absent en cas de hanche luxée.
Le rebord crânio-latéral présente un aplatissement marqué, et il peut être partiellement absent.
Il est généralement inférieur à 90°, à titre de valeur de référence, et n’est jamais interprété isolément.
Des signes d’arthrose et de remodelage articulaire peuvent être présents.
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La coaptation articulaire correspond à la façon dont la tête fémorale est positionnée et emboîtée dans l’acétabulum.
Elle reflète :
• la qualité de l’emboîtement de l’articulation,
• et le degré de stabilité radiographique de la hanche.
Une bonne coaptation traduit une hanche radiographiquement stable.
À l’inverse, une mauvaise coaptation traduit une instabilité articulaire, correspondant à une laxité sous-jacente plus ou moins marquée.
C’est pour cette raison que la coaptation est directement liée au risque de dysplasie, et qu’elle est analysée en priorité en lecture officielle.
Sur cette diapositive, trois exemples concrets illustrent ce qui est réellement évalué lors d’une lecture officielle.
🔹 À gauche : bonne coaptation
La tête fémorale est bien centrée dans l’acétabulum.
L’interligne articulaire est fin et régulier, et les contours sont globalement parallèles.
Radiographiquement, cela traduit une hanche stable, compatible avec les stades A ou B, selon les autres critères.
🔹 Au centre : coaptation imparfaite
La tête fémorale est moins bien centrée,
les contours ne sont plus parallèles, et l’emboîtement devient insuffisant.
Selon la classification FCI Copenhague 2022, pour les stades A et B, la tête fémorale doit rester centrée, avec un interligne étroit et régulier.
Une coaptation imparfaite marquée, comme dans cet exemple, traduit une instabilité sous-jacente, même modérée, et ne permet donc plus de rester dans les stades A ou B.
Elle constitue un élément de bascule vers le stade C.
🔹 À droite : mauvaise coaptation
La tête fémorale est décentrée, l’emboîtement est très insuffisant, et une subluxation visible est présente.
Il s’agit de l’expression radiographique d’une instabilité franche, correspondant à une laxité importante.
C’est pour cette raison que la coaptation est un critère déterminant de la cotation finale, et qu’elle est systématiquement analysée en priorité lors de la lecture officielle.
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Après l’analyse de la coaptation, on s’intéresse à un autre critère fondamental : la congruence articulaire.
La congruence ne doit pas être confondue avec la coaptation : il s’agit de deux critères distincts, même s’ils sont souvent partiellement liés.
La congruence décrit l’adéquation des courbures entre la tête fémorale et l’acétabulum.
Autrement dit, elle évalue la façon dont les surfaces articulaires se correspondent sur le plan morphologique, indépendamment de leur positionnement global.
Excellente congruence :
Sur la première image, la congruence est excellente.
Les courbures sont parfaitement adaptées : les contours de la tête fémorale et de l’acétabulum sont parallèles, la tête fémorale est bien sphérique, et elle épouse parfaitement la forme de la cavité acétabulaire.
C’est l’aspect attendu pour une hanche classée stade A.
Congruence correcte :
Sur la deuxième image, la congruence est correcte, mais moins parfaite que sur l’image précédente.
Les courbures restent globalement parallèles, mais on observe localement un léger élargissement de l’espace articulaire.
La coaptation, en revanche, reste excellente.
Cette situation reste compatible avec un stade A.
La grille FCI Copenhague 2022 précise en effet que :
« le contour de la tête fémorale est parallèle ou pratiquement parallèle au rebord acétabulaire crânial, à l’exception de la fovea capitis ».
C’est exactement ce qui est observé ici, et les autres critères morphologiques sont favorables.
Congruence imparfaite :
Sur la troisième image, la congruence devient imparfaite.
L’adéquation des surfaces articulaires n’est plus satisfaisante : la tête fémorale n’est plus parfaitement sphérique, ce qui entraîne une perte de parallélisme de l’espace articulaire.
Cette hanche se situe à la frontière entre les stades B et C.
On retrouve :
• certains critères en faveur du stade B, notamment une couverture dorsale correcte, recouvrant plus de la moitié de la tête fémorale ;
• et d’autres critères orientant vers le stade C, comme une densification de la plaque osseuse sous-chondrale (POSC), visible ici sous la forme d’un sourcil osseux.
C’est un exemple typique de situation intermédiaire, où la cotation repose sur l’analyse globale de l’ensemble des critères.
Mauvaise congruence :
Sur la dernière image, la congruence est mauvaise.
La tête fémorale a perdu sa sphéricité : elle devient irrégulière, parfois presque anguleuse, et ne s’adapte plus à la cavité acétabulaire, qui apparaît déformée et évasée.
L’adéquation morphologique entre les surfaces articulaires est alors très insuffisante, et l’articulation ne fonctionne plus dans de bonnes conditions biomécaniques.
Ce type d’aspect est observé dans les stades D ou E, selon les autres critères associés (position du centre de la tête fémorale, couverture dorsale, arthrose).
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La couverture dorsale correspond à la part de la tête fémorale recouverte par le toit de la cavité acétabulaire.
Il s’agit d’une zone essentielle de l’articulation, car c’est à ce niveau que se répartissent la majorité des contraintes mécaniques exercées sur la hanche.
Lorsque cette couverture est insuffisante, les forces articulaires se concentrent sur une surface trop réduite.
Cela favorise une usure prématurée du cartilage, puis l’apparition de remaniements osseux et, à terme, d’arthrose.
Le critère CTF / RAD dans la grille FCI Copenhague 2022
Dans la grille FCI Copenhague 2022, la couverture dorsale est évaluée de façon plus objective à travers un critère central : la position du centre de la tête fémorale (CTF) par rapport au rebord acétabulaire dorsal (RAD).
Ce critère joue aujourd’hui un rôle déterminant dans la cotation finale.
CTF médial au RAD : couverture dorsale suffisante (≥ 50 %)
Pour qu’une hanche puisse être classée stade A, le centre de la tête fémorale doit se situer médialement par rapport au rebord acétabulaire dorsal.
Cette position correspond à une couverture dorsale d’au moins 50 % de la tête fémorale. C’est le cas sur la première image :
la couverture est excellente, elle recouvre nettement plus de la moitié de la tête fémorale, et le CTF est clairement médial au RAD.
CTF superposé au RAD : couverture dorsale limite
Lorsque le centre de la tête fémorale est superposé au rebord acétabulaire dorsal, la couverture dorsale est juste suffisante, mais ne permet plus d’atteindre le stade A.
La meilleure cotation possible est alors le stade B, sous réserve que les autres critères soient favorables.
C’est le cas sur la deuxième image : la couverture dorsale recouvre environ la moitié de la tête fémorale, et le CTF est superposé au RAD.
On note également sur cet exemple que la coaptation est correcte, mais que la congruence est imparfaite, avec des contours qui ne sont plus strictement parallèles.
CTF latéral au RAD : couverture dorsale insuffisante (< 50 %)
Lorsque la couverture dorsale recouvre moins de la moitié de la tête fémorale, elle devient insuffisante, et le centre de la tête fémorale est alors latéral par rapport au rebord acétabulaire dorsal.
Dans cette situation, la cotation ne peut pas être meilleure que le stade C, même si certains autres critères paraissent encore favorables.
C’est le cas sur la troisième image : la couverture dorsale est légèrement insuffisante, elle recouvre un peu moins de la moitié de la tête fémorale, et le CTF est légèrement latéral par rapport au RAD.
Cela reste vrai même si l’angle de Norberg–Olsson est de 105°.
On note également sur cet exemple :
• une coaptation imparfaite,
• une congruence imparfaite, avec un interligne articulaire qui pourrait être plus étroit et plus parallèle,
• ainsi qu’une légère densification de la plaque osseuse sous-chondrale (POSC).
Selon la grille FCI Copenhague 2022, l’ensemble de ces éléments conduit à une cotation stade C.
Une évolution majeure par rapport à l’ancienne grille :
C’est ici que se situe l’une des différences majeures entre l’ancienne grille et la grille FCI Copenhague 2022.
Auparavant, lorsque la couverture dorsale était insuffisante mais que les autres critères étaient bons, une cotation B pouvait encore être attribuée.
Aujourd’hui, dans cette situation, la cotation est C.
Cette évolution s’explique par l’importance biomécanique majeure de la couverture dorsale, qui conditionne directement la répartition des forces articulaires et le risque évolutif de la hanche.
Exemple de couverture dorsale très insuffisante
La quatrième image illustre une hanche présentant une dysplasie sévère : la couverture dorsale recouvre moins de 25 % de la tête fémorale, le CTF est nettement latéral par rapport au RAD, la coaptation et la congruence sont mauvaises, et la tête fémorale est déjà déformée par l’arthrose.
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Le rebord acétabulaire crânial (RAC) est un témoin de la stabilité et du remodelage articulaire.
Il participe directement à la stabilité de l’articulation, et il reflète le remodelage osseux secondaire aux contraintes mécaniques subies par la hanche au cours du temps.
Dans la grille FCI Copenhague 2022, le RAC n’est pas évalué comme un simple détail morphologique : il constitue un excellent indicateur de l’histoire mécanique de l’articulation.
Le rebord acétabulaire crânial est analysé selon trois paramètres principaux :
• Sa direction :
parallèle à la tête fémorale, horizontale, ou orientée vers le haut (divergente).
• Sa forme :
fine et régulière, pointue, arrondie, aplatie ou tronquée.
• Son degré de divergence par rapport à la tête fémorale :
allant d’un rebord enserrant à un rebord évasé.
RAC normal :
Sur les deux premières images, le rebord acétabulaire crânial est parallèle à la tête fémorale.
• Sur la première image, il est parallèle et enserrant :
c’est un aspect excellent.
• Sur la deuxième image, il est parallèle et horizontal :
cet aspect reste bon et suffisant, notamment pour une hanche classée stade A.
Ces configurations traduisent une articulation ayant fonctionné dans de bonnes conditions biomécaniques, sans contrainte excessive sur le rebord acétabulaire.
Elles sont compatibles avec un stade A, et parfois avec un stade B, selon les autres critères.
RAC modifié :
Sur la troisième image, le rebord acétabulaire crânial n’est plus parfaitement parallèle : il devient légèrement arrondi et discrètement divergent.
Cet aspect traduit déjà un début de remodelage osseux, secondaire à des contraintes mécaniques anormales.
La hanche a été soumise à une instabilité, même modérée.
Ce type de morphologie n’est plus compatible avec une hanche strictement normale, et oriente vers un stade B limite ou un stade C, selon l’analyse globale des autres critères.
RAC évasé :
Sur la quatrième image, le rebord acétabulaire crânial est clairement évasé :
• sa direction n’est plus parallèle à la tête fémorale,
• sa forme est nettement modifiée,
• il devient divergent et n’assure plus correctement son rôle de contention.
Il s’agit d’un remodelage osseux secondaire à une instabilité chronique.
Cet aspect est typiquement rencontré dans les stades C ou plus avancés.
RAC très évasé – arthrose associée :
Enfin, sur la dernière image, le rebord acétabulaire crânial est très évasé, avec des signes d’arthrose associés.
La hanche a subi des contraintes importantes et prolongées : le rebord acétabulaire s’est épaissi, déformé, et ne suit plus du tout la morphologie de la tête fémorale.
Il s’agit ici d’une dysplasie sévère, stade E.
À retenir
Le rebord acétabulaire crânial est un excellent témoin de l’histoire mécanique de la hanche.
Plus il devient :
• arrondi,
• divergent,
• ou évasé,
plus il traduit :
• une instabilité ancienne,
• une mauvaise répartition des forces articulaires,
• et un risque élevé d’évolution arthrosique.
C’est pour cette raison que le RAC est indissociable de la lecture globale et qu’il pèse de manière significative dans la cotation finale.
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L’angle de Norberg-Olsson une mesure radiographique, qui évalue la position de la tête fémorale par rapport à la cavité acétabulaire.
Son intérêt est d’être une mesure quantifiable et reproductible entre différents chiens et différents lecteurs, donc moins subjective que d’autres critères.
Mais l’angle de Norberg-Olson ne doit jamais être interprété isolément, il doit toujours intégré à l’analyse globale des autres critères.
Par exemple, même avec un angle de Norberg normal, supérieur ou égal à 105°, un chien ne pourra pas être classé A ni B :
- si la couverture dorsale est insuffisante avec un CTF latéral par rapport au RAD,
- ou sił y a des signes d’arthrose.
Concrètement, l’angle est mesuré :
• à partir du centre de la tête fémorale,
• vers le centre de l’autre tête fémorale,
• et vers le point du rebord acétabulaire crânial qui est réellement porteur, appelé le « bord crânial efficace », qui est le point d’intersection
entre le RAD et le rebord crânio-latéral de l’acétabulum.
Sur l’image du haut, où le RAC est bien enserrant, ce point est facile à déterminer car le RAD part directement de la pointe du RAC, On a donc un
point unique et fiable.
Sur l’image du bas, ce point est plus difficile à déterminer, car le RAC est évasé.
Il ne faut alors pas utiliser la pointe du RAC, mais bien le bord crânial efficace, c’est-à-dire le point d’intersection avec le RAD, comme indiqué à
gauche, et non la pointe du RAC, comme à droite.
Utiliser la pointe du RAC dans ce cas surévalue artificiellement l’angle de Norberg, avec une erreur pouvant dépasser 10 degrés comme ici.
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Après l’analyse des critères morphologiques et positionnels (coaptation, congruence, couverture dorsale, RAC, CTF/RAD, angle de Norberg–Olsson),
on s’intéresse aux signes de remodelage osseux et d’arthrose.
L’arthrose n’est pas la cause de la dysplasie, mais la conséquence d’une instabilité articulaire chronique.
Mécanisme évolutif
Lorsque la hanche est instable, les contraintes mécaniques ne sont plus réparties de façon homogène sur les surfaces articulaires.
Avec le temps, cette mauvaise répartition des forces entraîne successivement :
• une densification de la plaque osseuse sous-chondrale (POSC),
• un remodelage du rebord acétabulaire,
• une modification progressive de la tête fémorale et du col fémoral,
• puis l’apparition d’ostéophytes.
Ces modifications traduisent une adaptation osseuse secondaire à des contraintes anormales et prolongées.
Principaux signes radiographiques d’arthrose
En pratique, les signes de remodelage et d’arthrose recherchés en lecture officielle comprennent notamment :
• Densification de la plaque osseuse sous-chondrale (POSC), visible sous la forme d’un épaississement ou d’un « sourcil osseux » ;
• Ostéophytes, pouvant être observés : au niveau du col fémoral (ligne de Morgan), du rebord acétabulaire crânial (RAC), du rebord acétabulaire dorsal (RAD), de la tête fémorale, ou de la cavité acétabulaire ;
• Remodelage de la tête fémorale et du col fémoral, avec perte de la sphéricité et déformation progressive.
Place de l’arthrose dans la cotation FCI
En lecture officielle, la présence de signes d’arthrose, même discrets exclut toujours les stades A et B,
• quelle que soit la valeur de l’angle de Norberg–Olsson,
• et quels que soient les autres critères morphologiques pris isolément.
Ces signes sont donc des marqueurs d’évolution de la dysplasie, et ils pèsent fortement dans la cotation finale, en particulier pour les stades C, D et E.
• En haut : exemple de hanche avec signes discrets de remodelage, compatible avec un stade C (ou parfois A ancien avec évolution arthrosique).
• En bas : hanche présentant une arthrose sévère, avec remodelage majeur, correspondant à un stade E.
À retenir :
Les signes de remodelage osseux et d’arthrose :
• traduisent une instabilité ancienne,
• témoignent d’une mauvaise répartition des forces articulaires,
• et constituent des critères d’exclusion formels des stades A et B.
Ils ne doivent jamais être analysés isolément, mais intégrés à la lecture globale de l’articulation, en tenant compte de l’ensemble des critères.